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Je n’ai pas de savon très spécial à poster, puisque la plus aboutie de mes créations récentes, le savon Tadjoura, je l’ai égoïstement gardée pour mon blog perso. Je ne suis malheureusement pas comme notre chère amie Mystic et je n’ai pas une idée géniale de savon tous les jours.

Comme l’activité de notre beau blog tourne au ralenti en ce moment, je me permets de poster mon petit savon d’été tout simple. Il faut dire que depuis que j’ai à peu près compris comment réaliser un one pot, je m’en donne à coeur joie, tous les prétextes sont bons pour en faire de nouveaux. En plus j’ai une prédilection toute particulière pour le colorant glycériné  » Blue teal », que vous pouvez trouver à l’adresse suivante chez TKB.

C’est un pigment très surprenant qui donne plusieurs nuances de bleus, de bleu clair à violet selon les huiles et la quantité utilisées. En plus il est très très économique, j’en suis à 7 kg d’huiles colorées de façon diverses avec mon petit flacon de 15 ml et il m’en reste encore. Le prochain essai étant un one pot à deux couleurs (dont ce bleu fétiche) en plus du fond. Maintenant j’y vais progressivement, parce que mon dernier essai à 6 couleurs a fini en rose uni, n’est-ce pas Mystic?

Mais ce bleu est aussi un peu (beaucoup?) magique. Le fournisseur avertit que la couleur va changer dans un milieu basique et c’est ce qui fait le charme de ce bleu surprenant. Au moment où on le mélange à la pâte, il passe soit au violet vif (si on en a mis beaucoup), soit à un vilain gris souris. Plus aucune trace de bleu, il faut faire confiance à son intuition pour le dosage. Donc mon one pot était blanc et gris, puis au bout de quelques heures il est devenu blanc et vert. Juste avant d’aller me coucher, je suis allé voir mon savon dans le four (il avait environ 6-8h)  et là, stupeur, il était uni et blanc comme de la neige, d’un beau blanc éclatant. Je m’attendais au pire le lendemain, mais voilà ce que j’ai découvert: un joli ciel d’été comme je l’avais prévu.

Je vous montre déjà la photo:

Je vous donne sa recette toute basique:

30%  HV de coco

60% HV d’olive bio d’Italie

10% de beurre de karité brut bio

Eau et soude pour un surgras de 9%, maximum d’eau

Dioxyde de titane pour blanchir la pâte

quelques gouttes de pigment glycériné blue teal de TKB (environ 2-3 ml)

Fragrance figue sauvage de Sensory

One pot avec environ 1/5 de la pâte colorée en bleu

J’aime beaucoup les pigments glycérinés de TKB, je trouve qu’ils réservent moins de surprises que les poudres, hormis ceux dont la couleur change dans le milieu basique. Ils sont faciles à doser et en général plutôt économiques, sauf l’orange néon, qui donne un magnifique ton saumon, mais il faut en mettre beaucoup. De plus il y a le choix parmi 95 coloris. Ce sont souvent des mélanges subtiles d’oxyde, d’ultramarines et de micas. Je suis fan et je rêve de posséder les 95 coloris, en grand flacon, soyons fous.

La fragrance m’a aussi réservé une surprise. Je n’ai aucune idée du vrai parfum des figues sauvages, vu qu’elles ne poussent pas chez nous (le réchauffement climatique va y remédier!), mais dans le flacon la fragrance a une odeur assez indéfinissable, pas désagréable, mais un peu bizarre. Après le passage de madame la Soude, elle s’est transformée en massepain, on a vraiment envie de croquer dans le savon à pleines dents.

Après toutes ces remarques bien terre-à-terre, un peu de spiritualité. Le ciel, le figuier, ça ne vous rappelle rien? Mais si, l’épisode du figuier maudit par Jésus dans l’Evangile de Marc (chap 11). Cet évangile a été écrit à la fin du premier siècle, peu après la prise de Jérusalem par les Romains et la destruction définitive du Temple. A ce moment, l’Eglise naissante, qui était encore une secte juive se sépare de la communauté juive. Les deux branches de la communauté se développent de façon différente avec d’une part l’Eglise qui s’ouvre aux païens et le judaïsme qui se réorganise autour de l’enseignement des rabbins traditionnels qui aboutira à la rédaction du talmud. La tension entre ce qui n’est alors que deux branches de la communauté juive est à son comble. C’est dans ce contexte de séparation douloureuse qu’il faut placer les paroles mises dans la bouches de Jésus par les évangélistes fustigeant le Temple et les Pharisiens. Il ne s’agit certainement pas des paroles du Jésus historique comme l’appelle l’exégèse.

L’épisode du figuier maudit se situe après les Rameaux qui marquent l’entrée triomphale de Jésus à Jérusalem et juste avant qu’il ne chasse les marchands du Temple. Le figuier est ici une image du Temple et de son système de pureté si rigide qu’il avait conduit nombre de personnes à être exclues de la grâce de Dieu aux yeux des dignitaires religieux de l’époque, ce que Jésus conteste par son message et le choix de ses compagnons.

Si cet épisode doit nous parler aujourd’hui dans notre contexte laïcisé, on peut y lire un appel à ne pas se fermer aux autres, un appel à la tolérance  et à l’amour du prochain (porter de bons fruits), à la compassion. Nous ne devons pas nous enfermer dans un système de pensée et de jugement rigide mais rester ouvert à l’Autre, sous peine de devenir aussi stérile que ce pauvre figuier.

Voilà les quelques réflexions que m’a inspiré mon très modeste savon d’été à la figue sauvage et que je voulais partager avec vous.

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Je vous présente aujourd’hui un savon qui m’a demandé beaucoup de recherche et de documentation. J’ai commencé à en parler avec Nansou et Irène il y près de 6 mois. Mon projet m’a amenée à lire plusieurs livres d’archéologie consacrés à ma région. Il y a beaucoup à dire sur les Lacustres, aussi ai-je divisé mon article en deux. La deuxième partie se trouve sur mon blog perso afin de ne pas allonger démesurément ce post.

Ici je vous parlerai surtout de l’aspect symbolique et mythique de ce sujet, je réserve les considérations plus scientifiques pour l’autre article.

Si la ville de Neuchâtel s’apprête à célébrer son millénaire, l’année prochaine je crois, les Lacustres nous ont précédé de plus 5 millénaires et demi. En effet les rives de notre beau lac sont habitées depuis 4500 avant notre ère et tous les petits Suisses sont allés visiter les villages reconstitués, ou les restes de certains sites dont on ne voit plus que les pilotis immergés. Il y a des fêtes lacustres, on met des maisons lacustres au milieu des ronds points de la région, bref on a l’impression que nos amis les Lacustres sont toujours parmi nous.

Je me souviens d’une fête très réussie qui s’est déroulée il y 5 ou 6 ans sur une colline de la région. Les gens étaient habillés soit en Lacustre soit en Hippie (pour avoir l’entrée gratuite, seuls les contemporains payaient !). Nous avons passé deux jours formidables à faire des ateliers d’artisanat, à écouter des conteuses ou des bardes en grande tenue et à écouter de la musique celtique en buvant de l’hydromel. Comme j’ai un faible pour la période hippie et que c’est plus facile de trouver des habits de hippie que de lacustre, j’avais ressorti mes habits à fleurs pour l’occasion. Un très beau souvenir.

Si je remonte à des souvenirs nettement plus anciens, je me rappelle que j’allais me baigner sur le site de la Tène, comme beaucoup d’enfants du coin, une merveilleuse petite plage à l’eau peu profonde et on avait l’impression que nos amis les Lacustres, un peuple pacifique dont les maisons surplombaient le lac, venaient juste de quitter les lieux. On n’avait aucune conscience de la distance qui nous séparait de ces ancêtres.

C’est ainsi que j’ai voulu faire un savon qui unit les habitants de la région à travers le temps. Tous les éléments qui le composent ont une raison d’y être, sauf l’huile de babassu et l’acide stéarique qui ont simplement pour but de remonter l’INS. La palme et le coco sont des concessions aux lacustres modernes, qui aiment les savons qui moussent. Pour les autres ingrédients, ils existaient déjà à l’époque.

Voici la recette du savon lacustre et sa symbolique :

3% HV de babassu bio (INS)(Merci Irène))

6% d’acide stéarique (INS) (Merci Irène)

7% HV de palme (dureté)

34% HV coco (mousse)(pour faire plaisir aux lacustres modernes)

13% HV de colza bio (une huile produite actuellement dans la région)

14% HV d’olive de Sicile bio (marque les échanges avec d’autres cultures, on sait que cette huile était consommée à l’époque)

3% de saindoux (les Lacustres pratiquaient l’élevage)

10% HV de tournesol bio (un autre produit régional)

4% de macérat de feuilles de chêne sur HV de noisette bio (les fouilles ont révélé que les lacustres consommaient des noisettes et des noix, le chêne était un arbre sacré à l’époque)

3% de macérat de feuilles de gui sur huile de germes de blé bio (agriculture et plante sacrée, l’union de la nature, de la culture et du culte)

3% de macérat de feuilles de houx sur HV de noix bio (plante sacrée qui symbolise l’éternité, donc la continuité dans le temps du peuple du lac)

Soude pour un surgraissage à 9% dissoute dans de l’eau du lac

A la trace :

Purée de baies (les Lacustres pratiquaient la cueillette)

Fragrance gui (plante sacrée et concession aux lacustres modernes qui aiment les savons parfumés)

En décoration : de petits galets du lac récoltés sur la plage des Jeunes-Rives (Neuchâtel) en même temps que l’eau.

Je voulais mettre des algues du lac, mais je pense que l’eau est encore trop froide et je n’en ai pas trouvé des facilement accessibles… et je ne voulais pas me risquer à tomber dans cette eau glacée (j’aime les centres thermaux !!)

Pour celles qui s’interrogeraient sur l’odeur de ce savon, il est très proche de celui aux orties parfumé avec du sapin. L’odeur est assez discrète et agréable, parce que dans le flacon, cette fragrance sent un peu le désinfectant pour toilettes, par contre elle est agréable dans le savon.

Sur le plan technique j’ai eu quelques problèmes avec l’huile de babassu, qui est nouvelle pour moi. Comme j’ai nettement augmenté ma quantité de gras dur, j’ai dû faire le bain marie en deux fois, car je n’ai pas de grande casserole. De ce fait le babassu était déjà trop froid quand j’ai rajouté le reste et ne s’est pas bien mélangé.

En plus des photos du savon je vous laisse quelques images lacustres et je vous donne rendez-vous sur mon blog si vous désirez en savoir plus sur ce peuple.

En voyant la catégorie dans laquelle cet article est publié, vous allez peut -être penser que j’ai changé mes ingrédients de base, que je vous présente un magnifique savon composé d’huiles rares et précieuses, avec des micas dorés et surgraissé avec un beurre venu d’une terre lointaine, sans oublier une incroyable synergie d’huiles essentielles bio…. Pourtant rien de tout cela, que des huiles bien de chez nous, si dans le nous j’inclus l’Europe puisque le climat ne s’est pas réchauffé au point de permettre la culture de l’olivier en Suisse. Alors s’agirait-il d’une faute de frappe? J’aurais coché la mauvaise catégorie, précieux au lieu de basique?

Pourtant non, vous avez bien lu. Il s’agit d’un savon précieux.

Il n’est peut être pas très précieux dans ses ingrédients, mais très précieux pour moi. Il marque une étape. J’ai commencé à faire du « vrai savon » en juin de l’an dernier après avoir dévoré les blogs et le Forum des Céphées. Ce savon a été fait pour le swap « A l’heure du thé » organisé debut décembre sur le le site de Swap and the city. Pour Loli j’ai voulu faire un savon qui serait le plus complet et le plus parfait dont j’étais capable à ce moment là. Je suis bien consciente qu’il me reste un grand chemin à parcourir sur la route du savon, mais ce savon ananas/laurier est une étape de progression importante pour moi.

Je devais tenir compte du thème à savoir le thé et des goûts de Loli qui m’a dit aimer les odeurs gourmandes. J’ai donc choisi le thé noir et l’ananas pour cette création. Mais je voulais vraiment me surpasser et faire quelque chose de plus original que les savons aux fruits que je fais d’habitude, j’ai donc décidé d’utiliser un macérat pour la première fois. J’ai cherché une plante qui pourrait relever la douceur un peu fade de l’ananas, et mon choix s’est porté sur le laurer dont j’aime beaucoup le parfum. J’en ai fait un macérat sur  olive bio de Sicile.

Au final ma recette est la suivante:

30% HV coco

10% HV palme

10% HV tournesol bio

50% macérat de laurier sur HV olive bio de Sicile

Lait de coco et yogourt coco mixé dans les huiles avant la soude

Soude à recalculer pour un surgraissage à 9% diluée dans une infusion corsée de thé de Darjelling issu du commerce équitable avec réduction du liquide

A la trace:  Ananas frais mixé et fragrance ananas de chez Sensory, jus d’ananas

Et voici le résultat en image:

J’étais tellement contente de mon savon que je me suis aperçue après l’avoir mis dans les moules que j’avais oublié d’y ajouter la pulpe de noix de coco rappée prévue pour le rendre exfoliant. Le paquet semblait me narguer sur la table, histoire de me rappeler que mon savon n’était pas en tous points aussi parfait que je l’avais voulu.

Les premiers jours, mon savon sentait l’ananas puis l’odeur à évolué, maintenant elle s’est mariée à celle du laurier, de telle manière qu’on ne reconnait plus ni l’une ni l’autre. Le savon a pris un parfum épicée loin de la douceur initiale de la fragrance ananas.

J’espère que Loli sera contente de cet échange. J’ai eu beaucoup de plaisir à créer un savon aussi parfait que mes maigres connaissances en savon me permettent de le faire.

Je précise bien qu’il n’est pas parfait en soi, loin s’en faut, mais il l’est pour moi car il marque les progrès réalisés grâce au soutien et aux conseils de mes chères marraines en savonnerie (les intéressées se reconnaîtront)

J’avais décidé de faire un funnel aux fruits d’automne qui aurait dû être magnifique. Si Mystic aime créer des savons aux minéraux ou symboliques, pour je ne sais quelle raison, ma passion va aux savons aux fruits. J’ai déjà essayé toutes sortes de fruits.

Là je disposais de coings et de pommes venant du verger d’une collègue, cultivés sans pesticide. La veille, j’ai mis à cuire deux pommes et un gros coing dans un peu d’eau, je les ai laissés mijoter plus de deux heures de temps afin d’obtenir une compote avec des sucs très concentrés. Puis je les ai mixés et mis au frigo jusqu’au lendemain. A ce moment j’ai rajouté dans ma purée de fruits 1 grosse cs d’argile verte et 1 cs rase de spiruline. J’ai bien mélangé le tout pour obtenir une magnifique purée vert bouteille.

Ensuite j’ai préparé ma pâte à savon comme d’habitude : 

30% HV Coco

10% HV palme

10% tournesol bio

50% colza bio

Eau et soude pour un surgraissage à 8%, sans réduction d’eau

Purée de pommes et coing avec argile verte et spiruline

Fragrance pomme/cannelle de ma droguerie

J’ai mixé mes huiles et la soude jusqu’à la trace ultrafine, ajouté la fragrance puis divisé la pâte en deux. J’ai ajouté ma purée verte dans la première moitié.

Et c’est là  que les ennuis ont commencé, la partie blanche s’est figée en quelques secondes, juste le temps de mettre la purée dans l’autre moitié. Elle n’était pas juste un peu figée, mais avait pris l’apparence et la consistance d’un flan à la vanille, j’aurais pu retourner le saladier sans qu’il ne se passe rien. Donc le magnifique funnel que j’avais prévu de faire depuis plusieurs jours s’est transformé en un « one pot » peu convaincant. J’ai coupé mon flan vanille en morceaux pas trop grands avec la spatule et versé la pâte verte, très liquide, par-dessus, j’ai touillé quelques coups en rond et versé le tout dans mes moules.

Le magnifique savon que j’avais projeté avait bien triste allure dans son moule, comme Don Quichotte il ressemblait à un chevalier à la triste figure.

J’ai laissé mes trois moules dans le four jusqu’au lendemain. Je pensais me consoler en visitant mes coupines sur leur blog, mais là aussi on ne parlait que de savons ratés.

Ma douce Cece présentait son savon de Noël mais se déclarait déçue du marbrage rose, pourtant très joli, plus loin Miss Ladybird voulait tout laisser tomber après des savons ratés, malgré les consolations de ses amies. C’était décidément un bien triste jour pour la savonnerie !!

Le lendemain j’ai démoulé mes savons sans préjugé. Certes ce n’était pas du tout le résultat que j’avais désiré, le marbrage délicat donné par le funnel n’était pas présent, mais j’ai décidé de regarder mon savon aux fruits d’un œil neuf, était-il vraiment raté ?

Certes il n’a pas l’apparence prévue, l’esthétique est moins belle que dans mon rêve, mais il n’est pas déphasé, il est solide, il n’a pas de trou, il n’a pas eu de phase de gel dévastatrice, il sent bon la pomme, il fera sûrement un savon bien agréable, donc est-il vraiment raté ?

Cet épisode m’a rappelé une chanson d’un CD compilant des chansons bretonnes. Je ne suis plus très sûre du nom du groupe qui la chante, je crois que c’est Tri Yann (sans aucune certitude), ils disent en substance : Que signifie être breton ? Suffit-il de naître en Bretagne ou être breton ? Je suis breton parce que j’ai choisi d’être breton.

Il y a certes les savons vraiment ratés, déphasés, avec un mauvais calcul de la soude etc. et dans ce cas, il faut les jeter sans hésiter car ils peuvent être dangereux. Mais on lit si souvent sur nos blogs que notre savon est raté simplement parce qu’il n’est pas comme nous l’avons désiré. Mais si nous arrivons à le regarder avec un œil neutre nous arriverons déjà bien à lui trouver une beauté, peut-être différente mais belle aussi.

Il me semble que nous avons souvent la même attitude dans la vie. Souvent nous pensons que rien ne va, quand ça ne va pas comme on veut, pourtant les cailloux que l’on rencontre sur notre chemin ont quelque chose à nous apprendre. Et n’oublions pas que le plus magnifique des diamants ressemble à un vilain caillou tant qu’il n’a pas été taillé.

C’est vrai, avec la soude nous ne maîtrisons pas tout, mais c’est à l’image de nos vies. Kierkigaard a dit que l’Homme est un mélange de fini et d’infini et parfois j’aime à croire que nos savons en sont un pâle reflet.

Mais après tant de bla-bla, je vais quand même vous montrer mon savon aux fruits, la première photo montre une tranche peu marbrée et la deuxième, une tranche où les deux couleurs se sont bien mélangé :

La photo ne rend pas bien les couleurs, la partie foncée est moins brune qu’il n’y paraît, mais plutôt couleur lie de vin foncée

Après les merveilles que mes collègues du blog ont présenté, en particulier le magnifique, que dis-je somptueux savon Wasabi de Mystic, j’ose à peine publier mon modeste marbré chocolat /vanille, si classique.

 Je désirais essayer la méthode du funnel depuis longtemps. Au cas où l’essai ce serait avéré être une catastrophe, j’ai choisi de faire un savon tout basique pour ne pas gaspiller des matières précieuses dans des essais aventureux. Pour le moment je varie peu les huiles, parfois j’enrichis mes savons en huile précieuse, mais la plupart du temps, je choisis des compositions toutes simples car elles conviennent bien à ma peau et mes testeuses les apprécient. De plus on peut varier à l’infini les ajouts, ce qui fait que mon savon tout basique se trouve décliné en de nombreuses variantes, dont je ne me lasse pas de trouver de nouvelles applications.

 Les marbrés me réussissent moyennement et je voulais essayer cette technique de l’entonnoir qui donne de si beaux savons au Japon. Je trouve le résultat plus joli que la technique « one pot ».

 J’ai utilisé 1,5 kg d’huile au départ pour remplir mes deux moules plastiques en formes de cake. Ce ne sont pas les super moules en plexis du Japon, mais c’est tout de même bien plus satisfaisant  que les moules à cake en silicone ou les briques de lait récupérées.

 Ma recette :

 30% HV coco

10% HV palme

10%  saindoux

20% HV tournesol bio

30% HV colza bio

Eau et soude à recalculer pour un surgraissage à 8%

20 ml de fragrance vanille de ma droguerie

3 cs de chocolat en poudre

A la trace très fine j’ai incorporé ma fragrance vanille et séparé la pâte en deux parties pas tout à fait égales. La grosse moitié reste vanille et dans la petite j’ai rajouté les 3 cs de chocolat en poudre, puis bien mélangé.

J’ai versé ma pâte dans mon premier moule selon a technique du funnel, à savoir on verse alternativement la pâte vanille et la pâte chocolat dans le moule au travers d’un entonnoir.

Pour le deuxième moule, la pâte a malheureusement trop figé pour couler dans l’entonnoir, donc j’ai versé en alternance directement dans le moule et ensuite passé dans tous les sens avec une baguette pour faire un marbrage, car je ne voulais pas d’un simple savon bi-couche.

La différence entre les deux méthodes est flagrante. Je vous les mets côte à côte puis séparé, même le chocolat a une plus belle couleur dans le savon funnel.

Les deux côte à côte 

Le funnel

 Marbrage classique

Tous les deux dégagent une odeur gourmande de vanille et on dirait des morceaux de glace, donc je suis plutôt contente du résultat.

C’est avec beaucoup de joie et d’enthousiasme que je participe à ce blog commun. C’est aussi avec un grand trac que je publie ce premier article, moi qui ne suis encore qu’une débutante. Je sais que cet article aura bien plus de lecteurs que si je l’avais publié sur mon propre blog et j’en suis toute intimidée. J’en appelle à l’indulgence envers la très modeste fée que je suis.

Pour ce premier article, je vous présente une exclusivité, sans doute mondiale. En quoi ce savon est-il si rare? Non pas dans sa fabrication, très basique, mais dans son ingrédient principal, la moutarde de Bénichon.

C’est un produit typique du terroir fribourgeois, que l’on ne trouve qu’en automne. C’est une confiture aigre-douce fabriquée avec de la farine de moutarde, de la farine de fleur, du vin blanc, du vin cuit (poire), du sucre candy et de nombreuses épices dont la cannelle et l’anis. Chaque artisan a sa propre recette et on y trouve encore plusieurs ingrédients plus ou moins secrets. Elle doit aussi contenir un corps gras, peut-être du beurre ou de la crème double, autre spécialité locale. Elle se présente comme une confiture marron foncé, baignant dans un liquide gras. Son goût est aigre et étrange, il ne ressemble à rien d’autre. Travaillant à Fribourg depuis 2 ans, j’ai découvert ce produit, mais ne l’apprécie absolument pas.
La Bénichon marquait autrefois la fin du cycle des travaux agricoles, c’était une fête paysanne, mais aujourd’hui, elle devenue une importante fête de famille à Fribourg.

Comme je désire faire des savons du terroir, j’ai pensé que cette texture très grasse conviendrait bien au savon. Je pense avoir trouvé là le vrai usage de cet étrange produit.

J’aime beaucoup l’huile d’olive dans les savons, mais je désirais rester au plus près des produits suisses, et nous ne cultivons pas l’olivier. Par contre, il y a d’importantes culture de tournesol et de colza. Donc mon choix s’est porté sur ces huiles locales. J’ai dérogé à cette règle pour l’huile de palme et de coco, bien évidemment.
De même, je n’avais aucune idée de la façon dont la soude allait traiter la moutarde de Bénichon. Pour m’assurer que ce savon aurait un parfum, j’ai choisi d’ajouter 3% de fragrance cannelle.
N’étant pas sûre du tout du résultat, j’ai opté pour un petit batch d’un kilo. Mais vu le succès rencontré par ce savon auprès de mes amis et collèges, de Fribourg ou d’ailleurs, je vais essayer de racheter de la moutarde avant la fin de la saison pour augmenter mon stock de savons.

Je vous donne sa recette:

10% hv palme
30% hv coco
20% tournesol bio (local)
40% colza bio (local)

Eau et soude à recalculer pour un surgraissage à 8%

A la trace fine: 1 petit pot de moutarde de Bénichon (200gr, soit 20% du poids des huiles) et 3% de fragrance cannelle.

J’ai versé ma pâte dans des moules individuels, parce que je préfère ce type de savon, mais surtout pour minimiser le risque d’une phase de gel, vu que je suis loin de connaître tous les ingrédient entrant dans la composition de cette moutarde. Le surgraissage a été augmenté vu le corps gras qui se trouve dans celle-ci, mais j’ignore aussi dans quelle mesure.

J’ai démoulé au bout de 24h et j’ai été agréablement surprise du résultat. Au bout de quelques jours, les savons ont foncé légèrement et ont pris un aspect rustique, certains sont un peu grumeleux sur le dessous, ce que j’attribue à la farine de la moutarde. Ils sentent divinement bon, à condition d’aimer la cannelle.

Voici quelques photos:
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